Comment les Yéménites perçoivent-ils les récents événements en Palestine ?
Comment les Yéménites perçoivent-ils les récents événements
en Palestine ?
Pour répondre à cette question qui semble posée à un moment
inopportun, trois points peuvent être estimés.
Au premier lieu, la fragmentation du pouvoir produite au Yémen en raison de la guerre, une situation de division territoriale en deux autorités de facto qui peut être littéralement réduite à deux zones de gouvernance.
Première zone contient un poignet de groupes d'armes
diversifiés marquant de sphères d'influence sous le couvert fragile d'un
gouvernement reconnu à l'international. La seconde est une zone sous
le contrôle des rebelles houthies depuis 2015. Deux postures
techniquement dissemblables peuvent en découler.
Deuxièmement, la position officielle dans les deux sphères
d’influence est donc similaire en matière de soutien au peuple palestinien dans
la réalisation de ses droits historiques légitimes et diffère en termes
d’utilisation idéologique de ce principe.
Concernant la cause palestinienne, il existe des déterminants fixes de la
politique étrangère yéménite que le gouvernement yéménite d’Aden
internationalement reconnu représente. Cette cause est considérée comme
une cause prioritaire arabe. Selon cette rhétorique, le peuple palestinien
a des droits inaliénables. Il n’y a pas de reconnaissance officielle de
l’État d’Israël et celui-ci est considéré comme une force d’occupation.
Dans sa vision d’une solution au conflit arabo-palestinien,
et en particulier au conflit arabo-palestinien, le Yémen s’inscrit dans le
cadre de l’initiative arabe vieille de près de deux décennies et qui met
l’accent sur la création de deux États à base des frontières de 1967.
En revanche, les Houthis émettent un discours plus intransigeant sur
la cause palestinienne. Un rhétique qui s'inscrit dans le cadre de l'axe
dit de résistance et intègre méthodiquement à la narration du régime
iranien. Le groupe des rebelles utilise la cause palestinienne pour une
mobilisation permanente contre le gouvernement légitime et ses alliés régionaux
qui étaient en faveur d’une normalisation avec Israël, notamment les Émirats
arabes unis.
Cette position de Sana'a des Houthis ne
s'épargne pas d’une surenchère verbale perçue abusive aux yeux des adversaires de Houthis. Car cette cause pourrait devenir une source de collecte
d’argent pour les Houthis accablant ainsi une population déjà
appauvrie.
Troisièmement, il existe populairement de grands de genèses
émotionnelles et sentimentales qui submergent toute lecture rationnelle des
événements.
on peut dire que le récit populaire yéménite se démarque
catégoriquement du récit répandu dans les pays européens concernant le
processus historique des événements et les droits résultant en faveur de deux
belligérants en Palestine.
Même si les gens s’accordent sur la condamnation ferme du
terrorisme, ils ne s’attendent pas sur ce qui est terroriste de qui ne l’est
pas.
À noter que la lecture yéménite de ces événements tragiques,
voire catastrophiques accorde une importance au contexte historique de ce
conflit. Elle est très influencée par les effets de drames quotient que les
Palestiniens subissent dans un silence de la part des puissances mondiales.
Sous une abondance médiatique focalisée sur ces drames quotidiens, les gens finissent
par perdre leur propriété d’empathie qui devrait être établie au bon moment et à
la bonne place.
Actuellement, Les Yéménites suivent attentivement les
actualités en Palestine. Ils s’inquiètent largement de sort des civils gazaouis
sous les bombardements israéliens condamnant cet engin de guerre sophistiqué et
aveugle.
Ils désignent les actes des Palaisiens de la « la
résistance » de sorte que tout ce qui vient du côté palestinien, aussi
atroce soit -il, entre dans certaines mesures dans la
catégorie de la réaction. Cela se joue sans accorder un soutien
inconditionnel aux groupes palaisiens dans la mesure où certains de ces groupes
s’alignent au régime iranien ; allié et parrain régional des Houthis
et lorsque ces groupes franchissent l’insupportable de la violence.
Cela est dit, n’empêche pas que de gens osent se donner une
idée singulière sur ce qui est en train de se passer et ainsi fournir une
lecture antinomique de l’opinion majoritaire. Certains pensent à l’acte dit
résistant en soi et d’autres en conçoivent les rebondissements. Les Yéménites
sont donc partagés dans la moindre mesure du fait que la communauté
internationale se laisse donner depuis la naissance de cette question une image
de double standard.
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