Le Yémen pourrait-il suivre le Liban ?
Un tel scénario semble cependant totalement exclu au Yémen, compte tenu de l’absence des conditions constitutives nécessaires.
Ce changement soudain sur la scène politique libanaise n’aurait pas été possible sans une condition préalable essentielle : la réduction de la puissance des forces paramilitaires du Hezbollah. Leur nature coercitive, exercée sur les Libanais, empêchait tout changement ou toute reconstruction institutionnelle. Ces forces imposaient une allégeance inconditionnelle au régime iranien, entravant toute dynamique politique indépendante et nationale.
Peu importe l’acteur clé ayant permis cette réduction, la destruction des forces du Hezbollah a joué un rôle crucial. Elle a ouvert la voie à une manœuvre politique et à un bouleversement majeur, inaugurant ainsi un changement politique et le retour du pays sur le chemin de la reconstruction.
Des ententes régionales sont également indispensables pour faciliter et consolider une telle transition.
Dans l’ensemble, les circonstances au Yémen et au Liban présentent de nombreuses similitudes. Dans ces deux pays, des milices jouent un rôle fonctionnel similaire : les Houthis au Yémen occupent une place comparable à celle du Hezbollah au Liban. Ces contextes sont marqués par des divisions sectaires profondes, une prolifération de groupes armés, une pauvreté écrasante, et la domination de factions loyales à des acteurs extérieurs.
Sans briser l’emprise des milices et parvenir à leur désarmement, aucun changement durable ne sera possible au Yémen. L’espoir de paix ou de rétablissement de l’État restera alors hors d’atteinte.
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