Comment les travailleurs yéménites ont-ils vécu le 1er mai ?


Nous le savions tous. La situation des travailleurs yéménites n'était pas à son meilleur avant 2011, alors que tous les indicateurs de développement étaient alarmants pour le pays le plus pauvre de la région.

C’est à cause de la mauvaise gestion et de la corruption que le pays a été plongé dans un cas d’appauvrissement que les jeunes se sont révoltés à cette date-là. Cependant, la jeunesse du pays ne savait pas qu'elle traverserait des moments difficiles et chaotiques.  

Le « Printemps » promu s’annonce en final hivernal et la guerre atroce se manifeste indécemment. En réalité, une guerre civile se déclenche dans un pays très armé lorsque les milices Houthis s’emparent des villes ; l’une après l’autre, et contrôlent la capitale Sanaa en septembre 2014 tandis que le dialogue national arrive à la phase finale. 

Quelques mois après, la situation empire avec une intervention militaire régionale ; un aventurisme extérieur s'impose au pays et en fait un terrain de tournoi mortel entre les rivaux régionaux ; Iran et Arabie Saoudite. Cette dernière y invite un aventuriste dépourvu de scrupules ; les Émirats arabes Unis

 

En effet, la guerre n'avait pour but que mettre à bas une économie fragile, d'arrêter les salaires de millions de travailleurs et de noyer des millions des gens dans la pauvreté, l'émigration et le déplacement interne. A l'heure actuelle, le pays compte plus de 4 millions de déplacés qui vivent dans des conditions inhumaines dans le désert de Marib et ailleurs. Leurs tentes, installées à la précipitation, ne les protègent pas des obus houthis qui leur tombent chaque mois. ces populations ne sont non plus à abris des inondations et des changements climatiques.

 

Dans un tel contexte, aller mourir en faisant la guerre aux fronts est devenu des offres irrésistibles en contrepartie de rémunérations irrégulières. C'est ainsi que la jeunesse de ce pays se dissipe entre le désespoir et la mort sourde au front militaire.

 

Selon l'Organisation internationale du travail, le Yémen connaît une combinaison de crises économiques et humanitaires [...] Les troubles en cours au Yémen ont contribué à la perturbation de la croissance du marché du travail et à la détérioration des compétences et du capital humain. Ces conditions ont des effets psychologiques et sociaux profonds sur la population, leurs familles, la société et la stabilité sociale et économique.

 

Voilà un tableau sombre que présente le diagnostic général de la situation de l'emploi yéménite. La guerre cache un visage plus tragique. D'une part, les économies de la population se consomment et arrivent au bout. D’autre part, la politique de l’emploi dans les pays de Golfe et l’arabisation de travail ont fait que des centaines de milliers de Yéménites ont perdu leurs opportunités d'emploi, ce qui a eu pour conséquence que la source la plus importante de revenus l'économie du Yémen ; les transferts, s'est tarie.
Le secteur public n'est pas mieux. Dans un rapport évaluant les dégâts de guerre dans le gouvernorat de Taiz, les données indiquent que le secteur de l'éducation a perdu 6 000 enseignants et enseignantes en raison de déplacements, et de migrations, et que jusqu'à 400 professeurs sont morts à cause de tireurs d'élite Houthis, de missiles et des mines.

 

Mais la vérité amère et difficile à appréhender demeure dans le fait les employés du secteur public au Yémen, en particulier dans les zones contrôlées par les Houthis, passent la Journée internationale du travail alors qu'ils accèdent à leur huitième année sans salaire. Les employés des secteurs de l'éducation, de la santé et de l'enseignement supérieur, qui sont le cœur battant du processus de développement, croulent sous la pauvreté, les dettes et l'incapacité de faire face aux obligations quotidiennes de nourriture et de médicaments.


Les universités yéménites ont perdu une grande partie de leur richesse humaine à cause des maladies chroniques qui attaquent les universitaires, notamment lors de l'épidémie de Corona Virus, tandis que les autorités houthies ont empêché l'entrée des vaccins.

Le Yémen par ses meilleurs professeurs ; partir à l’étranger ou rester dans le pays et crever de faim.


Un professeur de comptabilité, seul et sans famille s’éteint dans son appartement à Sanaa sans que personne ne le sache. Quelques jours après, on a découvert la mort de ce feu grand professeur.


Les autorités houthies ont délibérément renforcé leurs mécanismes de prélèvement et de taxes, et ont exploité les importantes sommes d'argent obtenues dans l'effort de guerre, tout en négligeant l'éducation et la santé. La société est donc devenue l'otage de ce comportement criminel.

De son côté, le gouvernement légitime n'a rien tenté pour sécuriser les salaires des employés publics ou pour exiger des solutions urgentes dans le cadre d'un processus de paix.

 



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